Je lis aujourd’hui dans le Nouvel Observateur, page 58, un article intitulé « La revanche de Guaino » dans lequel Henri Guaino, vous savez celui qui écrit les discours de Sarkozy et qui est un des conseillers les plus écoutés de l’Elysée, dit avoir averti le candidat Sarkozy des dérives du capitalisme financier et de l’exaspération des citoyens, et ceci après le succès du best-seller de Viviane Forrester « l’Horreur économique » (pour rappel, il a été publié en 1996). Ainsi ILS étaient au courant ! Alors ce silence, ou plutôt ce manque de prise de mesure en faveur d’un contrôle renforcé et d’une moralisation plus importante de la Finance deviennent lourds de suspicion vis-à-vis d’un laxisme réfléchi. Le « cadeau fiscal » ne serait-il donc qu’une mesure préventive au regard des pertes qui allaient bientôt se déclarer, ou bien une liquidité qui devrait permettre des achats de titres au plus bas prix ? Le Tout Libéralisme du président supputait-il un agrandissement des grands groupes français sur la scène internationale via ce biais bien biaisé à en être devenu tranchant comme une guillotine. Tout est possible, rien n’est certain. L’ampleur de la crise était à demi-prévisible car si européens et américains ne se parlaient pas, chacun occupé devant sa porte, l’un avec une élection et un traité européen en panne, l’autre avec une économie à bout de souffle sur fond de guerre au Moyen-Orient, les financiers eux communiquaient et la bourse ne s’endort pas sur notre planète. Et personne de déclencher l’alarme de peur d’être montrer du doigt comme coupable de la crise. Il a fallu des créances immobilières douteuses à cause de cette économie en perte de vitesse pour que l’on découvre ce qui se pratique depuis plus de vingt ans, « les produits dérivés » au sein de la Finance. Perdre de l’argent sur des prêts immobiliers à risque n’était pas grave tant que la boule de neige roulait et grossissait mais un jour un acheteur robuste refusa d’acheter ces « produits dérivés », et vlan, la boule de neige cesse de grossir et se met à fondre tant et tant que cela se réduira bientôt à une simple flaque d’eau de la taille d’une larme de crocodile versée par un vendeur de titres « pourris ».
Je reviens au mutisme de nos dirigeants et à leur laxisme, et peut-être à leur profit, tout est supposable, pour affirmer que l’augmentation de capital des banques par les Etats est peut-être encore une circonvolution pour qu’à terme, les actions nationalisées soient revendues à des groupes bancaires qui sortiront plus puissants et plus autoritaires face à un état qui ne pourra jamais empêcher une entreprise privée de choisir ses moyens d’engranger des bénéfices. Quand le monde joue sur la crédulité et le désir, il ne peut qu’engendrer de folles jalousies, à assouvir rapidement par le gain facile. Le travail n’est pas la panacée universelle, pas plus que le jeu, le bluff, le virtuel ou tout autre miroir déformant. Je crois que l’activité rémunératrice est une bonne solution quand le minimum est garanti. Le RSA (Revenu de Solidarité Active, ou pourquoi pas le Revenu de Solidarité d’Activité) est probablement la meilleure forme actuelle de rémunération de l’activité. Peut-être devrions-nous entrer enfin dans l’ère des loisirs annoncée depuis les années 60. Une rémunération minimum garantie dès les 25 ans avec la possibilité d’augmenter ses revenus par une activité rémunératrice et facturée ? Une utopie ? Pas sûr, au vu de la diminution du réservoir d’emploi. Une alternative ! Cette idée laisse intacte ce que l’homme possède de différent par rapport à son voisin, la reconnaissance de sa différence. Dans cette idée, le désir d’entreprendre garde sa place au capitalisme, l’innovation, elle, s’en trouvera multipliée, et la satisfaction de son activité donnera à l’homme sa mesure et son apaisement. Il pourra changer d’activité au gré de son expérience ou au gré des aléas de la vie sans crainte de perdre sa base. La logistique d’une expédition dans l’inconnu réclame une base arrière, le RSA pourquoi pas. Le surpassement de soi sera la ligne de conduite d’une majorité et les élites seront légions dans de nouvelles professions. L’humanité s’en trouvera plus solidaire et se reconnaîtra mieux au-delà des différences. Applicable à une mondialisation de la gouvernance de l’humanité.