Petite suite logique à l'interrogation suscitée par les documents électroniques.
L'apparition de l'imprimerie a diminué drastiquement les erreurs involontaires de recopies de documents et a rendu difficile les manipulations des documents imprimés en quantité suffisante pour fournir toujours un original comme preuve d'authenticité. Les bibliothèques nationales ne s'y sont pas trompé puisque la loi oblige de déposer un exemplaire d'édition (ceci n'est pas toujours fait) pour répertorier et dater exactement l'original. Un numéro unique (ISBN) est accordé à chaque livre d'éditeur (pas toujours aux livres à compte d'auteur). Une copie, imprimée et falsifiée, peut elle aussi être déposée mais sera forcément postérieure. La manipulation en édition papier, un livre imprimé, est quasi impossible sauf dans des régimes politiques totalitaires où les autodafés constituent un révisionnisme actualisé. Même dans ce cas, un livre peut passer à travers les mailles du filet. Les antécédents ne manquent pas lors des révolutions où les livres et pamphlets circulaient sous le manteau et plus surement encore tous les ouvrages interdits, comme les curiosa, circulaient allègrement.
Aujourd'hui l'ordinateur, les tablettes électroniques et autres "e-book reader" se lancent à l'assaut de notre désir de lire et de consulter des images. Comment dans un monde où la manipulation électronique est des plus facile, faire confiance à ce qui nous est donné à voir, lire et écouter ? Le livre, la pellicule deviendront-ils des certificats d'authenticité que l'ont pourra consulter aux archives ou "sur microfiche" ? Le problème de la confiance est posé et devra être résolu avant d'accepter des livres créés et édités uniquement électroniquement. Ceux-ci comme tout ce qui est document électronique sont potentiellement "copiables" et donc falsifiables. Imaginons un piratage par substitution de mots lors d'un transfert d'achat de livres électroniques, et cela peut être répété à l'envi. Serait-il toujours souhaitable d'imprimer un nombre suffisant d'exemplaires papier qui seraient déposé dans des bibliothèques ? Nous savons que le papier n'est pas éternel, le feu a détruit bon nombre de bibliothèques. La confiance sera probablement le contrat passé entre un acheteur et un éditeur de livres électroniques. Il n'est pas seulement question de sauver des arbres, de réduire les endroits de stockage des livres, ni même de réduire les coûts de production d'un livre, nous sommes dans l'ère des pionniers du virtuel ou plutôt de l'ubiquité électronique. Plus rien ne se trouve à côté de nous et pourtant nous y accédons du bout des doigts ou des lèvres. La prochaine étape sera peut-être de disposer d'un livre maître sur plusieurs plateformes et nous lirons depuis nos tablettes connectées à Internet qui disposeront de la mémoire suffisante pour garantir un flux de lecture des livres uniques. Pour cela l'être humain devra se débarrasser de son désir de posséder, ce qui n'est pas pour demain ! J'aime le contact du livre papier !
Vrai ou véritable livre, le livre électronique ? Vrai lecture et faux livre !