Cette nuit, je ne pouvais pas dormir. Cela m'arrive souvent et je me lève. Allumant la télévision, je zappe et je reste sur la rediffusion de l'émission du 22 janvier 2010 de "Vous avez le denier mot". Un peu somnolent j'assiste aux dernières passes d'arme de Tariq Ramadan et d'Alain Minc, je ne sais plus à quel sujet dans le face à face. Est annoncé, le débat avec pour thème "Dieu contre Darwin", ou si l'on préfère "Créationisme contre Evolutionisme".
"Dieu contre Darwin" était un match perdu d'avance de Darwin car comment battre une substance qui possède toutes les qualités sans exister ? D'ailleurs aujourd'hui Darwin est mort et Dieu n'est pas né. Inégal !
Mais c'est un titre raccoleur.
Revenons donc à ce que l'homme a imaginé, ce que l'individu a émis et ce que les individus ont promu, le créationisme et l'évolutionisme. Deux théories ! Et comme toute théorie, vraie jusqu'à la nouvelle. La particularité de celles-ci réside dans leur juxtaposition. Le "ex nihile" n'est pas démontrable pas plus qu'irréfutable, tout comme le contenu supposé de l'instant zéro au sens du temps qui s'écoule. Que ce soit l'oeuvre d'un Unique ou le Big Bang, la genèse s'explique comme un temps qui s'écoule sans inventaire avant le début de ce temps. Donc les notions de créationisme et évolutionisme sont venues de la question "d'où venons nous ?" et je serais porté à croire que le premier qui se posa cette question car j'en suis certain il y eut un premier même s'ils étaient répartis sur plusieurs lieu sans contact entre eux, le premier se posa comme question "d'où je viens, moi qui ne suis pas un animal ". Formulation alambiquée à la mode d'aujourd'hui mais sur le miroir d'une eau calme la pensée de Lucy a pu se diriger vers cette question. Et c'est là que chacun des protagonistes de la création et de l'évolution veut en découdre. Le monde en sept jours, en sept cycles comme le dit Tariq Ramadan, ou dans un Big Bang de milliards d'années, la question se pose car l'Homme existe et c'est donc à partir de l'Homme que chacun affute ses arguments. Quand est né l'Homme ? Le sixième jour ? Il y a deux ou trois cent mille ans, je parle de ce qui est appelé conventionellement "l'homo sapiens" ? La question ne sera jamais tranchée car entre croire et supposer, il existe un vide ou chaque individu prend place comme juge et parti.
Je m'en voudrais de contredire l'un ou l'autre car manquant d'arguments je m'enliserais dans des lieux communs.
Aujourd'hui je suis moi et demain je ne serai plus, et s'il faut croire pour accepter notre fin inéluctable ou supposer pour être un jalon, le futur appartient au temps qui passe, à ce temps que nous avons codifié, en minute, en heure, en année, en histoire, en Histoire.
Le créationiste ou l'évolutioniste n'est qu'un individu qui embrasse le chemin parcouru par une histoire ou une Histoire et s'en va vers son dernier soupir sans en connaître l'instant.
Il, au singulier, aura vécu.